Envoyer les eaux polluées d’ une rivière au large, est INDIGNE

Bidart : une association s’indigne sur les méthodes de dépollution du site de l’Uhabia

21/09/2011
Sébastien SOUMAGNAS
Alors que le 7 juillet dernier était signé par dix partenaires institutionnels, dont le Sivom de l’Uhabia, un contrat de bassin destiné à obtenir une gestion optimale des flux à l’Uhabia, voilà que l’exécution de l’enquête publique provoque l’ire de l’association Vague toxique, la coordination santé et environnement du Pays Basque, dirigée par Sylvie Peres-Pierron.
Ayant demandé à plusieurs reprises d’être informée du déroulement des actions menées concernant l’Uhabia, la Dr Sylvie Peres-Pierron a été très étonnée d’apprendre que l’enquête d’utilité publique avait eu lieu durant la saison estivale. Selon elle, “les Bidartar sont tombés des nues en apprenant la nouvelle”.
Mais en quoi consistent donc ces travaux destinés à juguler le problème de pollution auquel la plage de l’Uhabia doit faire face lors de crues, inondations ou encore fortes précipitations ? Afin de préserver la qualité des eaux de baignade du site de l’Uhabia, la mairie de Bidart a lancé des travaux d’assainissement, à hauteur de 20 millions d’euros, qui sont censés couvrir les travaux du réseau d’assainissement de Bidart et la qualité des eaux de baignade de l’Uhabia. Christian Barragué, adjoint au maire en charge des travaux, nous explique le fonctionnement de la porte à clapet qui crée la polémique : “L’Uhabia, par temps sec, ne présente aucun danger de pollution sur les plages. Le souci existe en cas de fortes averses car elle reçoit toutes les eaux de pluie du bassin-versant, qui sont polluées (agriculture, assainissement non collectif (fosse sceptique) et pollution des eaux de ruissellement). Pour que nos analyses soient satisfaisantes, il faut en outre installer une porte sur l’embouchure de l’Uhabia et un émissaire en mer de 700 m (350 m en terre, 350 m en mer). Cette porte fermée par mauvais temps permettra de recréer un immense bassin naturel de rétention : le lit de la rivière, dont les effluents seront évacués de nuit par l’émissaire en mer”.
Et c’est cette évacuation qui, selon Sylvie Peres-Pierron, est “un déni écologique”, car consistant à “envoyer la pollution au large pour nettoyer la bande côtière”. D’autant que cette “technique”, selon elle, relève de “l’expérimental”. Il s’agirait de “barrer une rivière en crue et envoyer de l’eau non traitée au large”. De son côté, M. Barragué semble avoir des réponses quant aux inquiétudes de Mme Peres-Pierron : “Les eaux chargées rejetées au large bénéficieront de deux facteurs naturels pour l’élimination de la pollution bactérienne : l’effet de dilution dans la masse océanique et la salinité de la mer, néfaste pour la vie des bactéries. Le transit de nuit de ces effluents vers la haute mer, compte tenu de leur faible durée de vie dans ce milieu hostile, nous permettra à l’heure de l’ouverture des bains le lendemain matin d’avoir une qualité des eaux tout à fait acceptable”.
Alors que l’association de Mme Peres-Pierron met en garde sur les problèmes environnementaux que ces travaux risquent de générer, elle met aussi le doigt sur ce qui est en jeu : “Pour des raisons économiques, on effectue des travaux qui envoient la pollution au large laissant aux générations futures le soin de régler le problème. Alors qu’il existe plein de solutions durables. Mais une plage fermée, c’est 15 % de perte économique…”
Du côté de la ville de Bidart, Christian Barragué justifie ces travaux d’une tout autre manière, arguant qu’il “ne s’agit pas d’éviter un risque de fermeture ponctuelle [de la plage, ndlr], mais bien celui de fermeture définitive”. Quoi qu’il en soit, l’utilité de cette enquête n’est toutefois pas encore confirmée puisque ni le dossier, ni l’autorisation de commencer les travaux de ce fameux clapet n’ont été rendus. Et normalement, rien ne devrait être commencé d’ici à la fin de l’année. C’est donc à la commission d’enquête de juger si l’utilité de ce clapet est justifiée. A l’heure actuelle, les travaux concernent les recherches archéologiques menées par l’INRAP.

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